CONSCIOUSNESS IN EXTREMITY: DISCOURSE ON MADNESS AMONG THE TABWA OF ZAIRE

Authors:
Christopher Davis‐Roberts
Published Online:
27 Sep 2007
DOI:
10.1080/00207598508247558
Pages:
569–587
Volume/Issue No:
Volume 20 Issue 3-4

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The madman makes it possible for us to grasp the radical potential of consciousness at its limits. He contradicts the other person's discursive thinking towards the virtually inarticulable or unthought self.

The Lakeside Tabwa of Shaba, Zaire, apprehend madness in three rather different, discursive domains. There is, firstly, wazimu, or its ‘mature’, incurable form, kizenzezia, considered as a fact of social life. It is seen as inverting the norms or functions of personhood and undoing those of mentality. It breaks down reciprocity, it is the negative function of ‘Death’. Secondly, it is in the prodromal illness, mubulibuli, and certain related emotion states, that madness appears as the artefact of another's malicious and intrusive ‘Desire’: the madman is said to have ‘closed anger’ in his heart alienating him from ongoing experience and interaction. Finally, in the diviner, the ‘otherness’ of gaze and speech is transformed into the normative power of clairvoyance bringing about its own logic and historicity. Here, the inversion of personhood becomes an emblem of insight and ‘Law’, but at the risk of insanity. The ethnographic encounter with the very otherness of the thinking of madness and of another culture toward the unthought itself is, in a sense, epistemogenic.

Le fou permet d'appréhender les possibilités‐limites de la prise de conscience: il confronte la pensée discursive avec ce qui virtuellement se dérobe à l'articulation et à la réflexion.

Les Tabwa riverains du Lac au Shaba (Zaïre) appréhendent la folie sous un triple angle discursif. Wazimu, et kizenzezia qui en constitue la forme parvenue ‘à maturité’ et incurable, est considérée d'emblée sous l'angle social, en tant qu'elle invertit les normes et les fonctions de la personnalité, défait celles de la mentalité et désarticule la réciprocité: cette forme de folie préfigure la ‘Mort’. Deuxièment, c'est dans l'atteinte mubulibuli, et dans les états émotifs associés, que la folie apparaît comme le produit du ‘Désir’ malicieux et intrusif de l'autre: le fou, dit‐on, s'enferme dans son coeur pris de colère et se voit coupé de toute interaction et expérience en cours. Finalement, c'est dans le devin que ‘l'altérité’ du regard et du parler est transformée en une clairvoyance fondatrice de logique, d'histoire et de normes. L'inversion des attributs de la personne se mue ici en emblème de regard dévoileur et de ‘Loi’, tout en frôlant l'insanité. La rencontre ethnographique avec cette véritable altérné de la folie, ainsi qu'avec la pensée qu'une autre culture développe au sujet de l'impensé, s'avère ětre, dans un certain sens, épistémogénique.

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