DU DEDANS AU DEHORS: TRANSFORMATION DE LA POSSESSION‐MALADIE EN POSSESSION RITUELLE

Authors:
András Zempléni
Published Online:
27 Sep 2007
DOI:
10.1080/00207598508247562
Pages:
663–679
Volume/Issue No:
Volume 20 Issue 3-4

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The conjunction of possession and sacrifice in the same therapeutic ritual evidences a paradox in that the spirit or divinity to whom the sacrifice is made is being embodied by the sacrificer whose aim it is to expel this spirit from the patient's body. The ritual process by which the Wolof of Senegal solve this paradox is described and analyzed. In the ritual, the internal and inclusive relationship with an anonymous rab (a body‐within‐a‐body) is transformed into an external and exclusive relationship with a named rab (a body‐to‐a‐body). The conversion of the possession‐as‐illness into a ritual possession entails both a spatial and temporal inversion of the bodily symptom‐symbol. The diffusely and continuously acting agency from the inside is and must become an external agency of circumscribed and recurrent action. The patient's temporary decoration with internal parts of the immolated animal (such as a cap made of the paunch or peritoneum, a necklace or tulband of intestines, or anointing with blood) ‐ typical of the initiatory sacrifices in many ‘possession‐cults’ ‐ acts as the symbolic operator of this inversion, i.e., of the amoeboid eversion of the body of the possessed. The analysis of some comparative data suggests that the metonymic assimilation between the possessed and the sacrificed is only a ritual artifact linked to the above‐mentioned paradox. The cultic possession, which necessarily entails the reproduction of the ritual trance, is a specific form of the sacrificial mode of thinking and practice. The time and periodicity of the trance and of the sacrifice are comparable. Possession can be analyzed as a metonymic figuration of the sacrifice in that it re‐inserts the bodily experience within the sacrificial communication. Possession gives bodily form to the symbolic efficacy and is, therefore, frequently associated with therapy.

La conjonction de la possession et du sacrifice dans le měme rituel de guérison présente le paradoxe évident d'un sacrifice dont le destinataire ‐ esprit ou divinité ‐ est incorporé par le sacrifiant et dont le but est de faire sortir cet ětre du corps du malade. On décrit et analyse d'abord le processus rituel au moyen duquel les Wolof résolvent ce paradoxe et transforment un rapport interne et inclusif avec un rab anonyme (un corps‐dans‐le‐corps) en un rapport externe et exclusif avec un rab nommé (un corps‐à‐corps). La conversion de la possession‐maladie en possession rituelle est une inversion tant spatiale que temporelle du symptôme‐symbole corporel: ce qui agissait diffusément et continûment du dedans revient ‐ et doit revenir ‐ ponctuellement et périodiquement du dehors. Le port provisoire des parties internes de la victime sacrificielle (coiffe de panse ou de péritoine, colliers ou turban d'intestins, bain de sang…) ‐ caractéristique des sacrifices initiatiques de maints ‘cultes de possession’ ‐ est l'opérateur symbolique de cette inversion ou encore de ce retournement moebien du corps du possédé. En analysant quelques matériaux comparatifs, on montre ensuite que l'assimilation métonymique du possédé à la victime sacrificielle n'est pas qu'un artifice rituel lié au paradoxe mentionné. La possession cultuelle, reconnaissable à la reproduction obligée de la transe rituelle est une forme spécifique de la pensée et de la pratique sacrificielles. Le temps et la périodicité de la transe sont comparables au temps et à la périodicité du sacrifice. Si la possession est analysable comme une figuration métonymique du sacrifice, elle se spécifie notamment par l'expérience corporelle qu'elle réinscrit dans la communication sacrificielle. Elle donne corps à l'efficacité symbolique, d'où sa fréquente connexion avec la thérapie.

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