ACTIVITÉ MÉTACOGNITIVE DE L'ENFANT ET DIFFICULTÉ DE LA TÂCHE COGNITIVE

Authors:
Jean François Vezin
Published Online:
27 Sep 2007
DOI:
10.1080/00207599008247866
Pages:
317–335
Volume/Issue No:
Volume 25 Issue 2

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The influence of the type of difficulty of a cognitive task on metacognitive activity (metacognitive experiences and metacognitive strategies) was studied in six‐ and eight‐year‐old children. Children had to make decisions about the correspondence of statements and drawings presented in pairs one after the other, starting either with a statement, or with a picture. They encounter two kinds of difficulties: (1) one due to the information conveyed by drawing (non‐correspondence with the statement); (2) another due to the order in which the statements and drawings are presented: when the drawing comes first the child must retain it in his memory until a statement can guide him in his decoding of it; this difficulty is unexpected given the expectations the child has due to the cognitive task proposed.

The principal findings were as follows: (1) Compared to the six‐year‐olds, the eight‐year‐olds demonstrated three times more metacognitive control strategies for expressing information, more cognitive skills (reasoning), and a higher level of performance (understanding and recall). (2) The two types of difficulties do not have the same effects: (a) the difficulty due to the information conveyed by the drawing leads to an increase in the latency time; the performance (understanding) is not as good; (b) in the case of difficulty due to the statement‐drawing order, twice as many verbalizations expressing metacognitive experiences and a decrease in the latency time were observed. The interpretation of the findings underscores the importance for the child of the indicators he has to orient him in mobilizing metacognitive and cognitive activities.

L'influence du type de difficulté d'une tâche cognitive sur l'activité métacognitive (expériences métacognitives et stratégies métacognitives) a été étudiée chez des enfants de 6 ans et de 8 ans. Ces enfants doivent juger de la correspondance d'énoncés et de dessins présentés par paires l'un après l'autre, en commençant soit par l'énoncé soit par le dessin. Ils rencontrent deux types de difficulté:

(1) Celle qui est due à l'apport informationnel du dessin (non correspondance avec l'énoncé). (2) Celle qui est due à l'ordre de présentation énoncé‐dessin: lorsqu'on lui présente d'abord le dessin, l'enfant doit garder celui‐ci en mémoire avant qu'un énoncé en guide la lecture; cette difficulté est inattendue étant donné la représentation induite par la tâche cognitive proposée.

Les principaux résultats sont les suivants: (1) Par rapport à ceux de 6 ans, les enfants de 8 ans manifestent trois fois plus de stratégies métacognitives de contrôle de l'expression de l'information, plus de capacités cognitives (raisonnement), et ont une performance plus élevée (compréhension et rappel). (2) Les deux types de difficulté n'ont pas les mêmes effets: (a) la difficulté due à l'apport informationnel du dessin conduit à un accroissement du temps de latence; la performance (compréhension) est moins bonne, (b) dans le cas d'une difficulté due à l'ordre énoncé‐dessin, on observe deux fois plus de verbalisations exprimant des expériences métacognitives et une diminution du temps de latence. L'interprétation des résultats souligne l'importance des indices qui orientent la représentation de l'enfant et le guident dans la mobilisation de ses activités métacognitives et cognitives.

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