Thinking About What is Not the Case

Authors:
Paul L. Harris
Published Online:
27 Sep 2007
DOI:
10.1080/00207599308246954
Pages:
693–707
Volume/Issue No:
Volume 28 Issue 5

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It is usually assumed that when children set reality aside, and start to use their imagination, they think in an associative or undisciplined fashion. Contrary to this view, endorsed by Piaget and Freud alike, I argue that children often use their imagination in a consequential and logical fashion. First, children can work out the causal consequence of make‐believe transformations. For example, having seen a toy animal doused with make‐believe liquid, 2‐year‐olds realise the make‐believe consequences: they pretend to dry the animal or describe it as “wet”. Second, when presented with premises that run counter to their empirical knowledge (e.g., “All cats bark”) preschool children can make appropriate deductions from such premises provided they are prompted to adopt a make‐believe stance toward them. Third, despite knowing that a given belief or conclusion about reality is false, 4‐ and 5‐year‐olds recognise that it may be entertained and acted on by someone who is mistaken. Nevertheless, some children do occasionally fit the more traditional description of children's imagination: asked to imagine what they know to be false (e.g., that there is a rabbit or a fairy inside a box), they begin to wonder whether it might be true after all, and open the box to check.

Un postulat courant à propos de l'imagination enfantine est qu'elle procède d'une façon inorganisée et non‐logique, par libre association. Contre cette idée reçue, que partagent Freud et Piaget à leur manière, je cherche à montrer que les enfants peuvent utiliser leur imagination d'une façon parfaitement logique et cohérente. D'une part, les enfants sont capables de déduire le rapport causal entre des transformations imaginaires. Ainsi, ayant observé un jouet‐animal “inondé” d'un liquide imaginaire, des enfants de deux ans sont capables d'en déduire la conséquence suivante: ils font semblant de sécher l'animal, ou le décrivent comme “mouillé”. D'autre part, lorsqu'on leur présente des propositions qui contredisent leur connaissance empirique (par exemple, que “tous les chats aboient”), les enfants en âge préscolaire peuvent opérer les déductions appropriées vis‐à‐vis de ces propositions de départ, pour autant qu'on en souligne clairement le caractère imaginaire. Enfin, tout en reconnaissant qu'une croyance donnée ou une conclusion portant sur un état de choses est fausse, les enfants de 4 à 5 ans admettent l'idée que cette proposition puisse tromper et agir sur une tierce personne qui en ignorerait la non‐validité. Néanmoins, la vision traditionnelle de l'imagination enfantine peut s'avérer juste dans certains cas, où la logique ne semble pas triompher: encouragés à imaginer un état de choses non existant (qu'il y a un lapin ou un lutin dans une boîte vide, par exemple), un certain nombre d'enfants vont se mettre à douter de la réalité et ouvrir la boîte pour vérifier son contenu.

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