Cohérence et vérité. Le rôle des modalisateurs épistémiques dans l'établissement de la vérité propositionnelle

Authors:
Denis Legros, Serge Baudet
Published Online:
21 Sep 2010
DOI:
10.1080/002075996401016
Pages:
235–253
Volume/Issue No:
Volume 31 Issue 6

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Nous présentons, tout d'abord, les caractéristiques essentielles de notre modèle de vérité‐cohérence (Baudet, Jhean‐Larose, Legros, 1994) qui permet de définir la valeur de vérité associée à une assertion non pas simplement comme une connaissance sur le vrai de cette assertion, mais comme l'état final d'une activité cognitive qui participe au processus de référenciation.

Nous présentons ensuite des résultats qui apportent des arguments à la thèse de la pertinence psychologique du concept de vérité. Ces résultats valident la première phase de notre modèle: la sélection d'un ensemble cohérent de candidat‐vrais à la vérité. Cette sélection est opérée grâce à l'attribution d'une valeur de plausibilité déterminée par des indices explicites de l'engagement de l'émetteur quant à la vérité des propositions contenues dans les phrases du texte.

Selon ces résultats, les modalisateurs épistémiques du type “Je sais” et du type “Je crois”, engagent l'émetteur de façon différente quant à la vérité des propositions, ils déterminent des degrés de plausibilité et donc des rapports de cohérence différents entre les assertions et le modèle mental qui y réfère.

Ces résultats valident donc l'hypothèse selon laquelle la fonction principale de l'opérateur d'énonciation du type “Je sais”, employé dans un texte, est d'informer le lecteur de l'engagement ferme du locuteur envers la valeur de vérité de la proposition, et donc de l'inviter à introduire la proposition p dans son domaine de connaissance, alors que la fonction de l'opérateur “Je crois” est d'indiquer les réserves du locuteur envers cette valeur de vérité.

We proposed that the condition truth be understood as the result of a decision about the values taken on by the conditions for fulfilment of the act of referencing in a mental model.

Our cognitive model of propositional truth attribution (Baudet, Jhean‐Larose, & Legros, 1994) is built on the assumption that the truth value of a proposition is determined by the ability of that proposition to fit into the theory of the field to which it refers.

The experimental results proved to be compatible with the proposed model. They validate the first phase of our model: the selection of incoherent subset of truth candidates. This selection is operated thanks to the attribution of plausibility value. This value is determined by explicit index of the pledging of the sender as for the truth of proposals contained in the text sentences.

According to these results, the epistemic modalisers of the type “I know” and the type “I believe”, commit the transmitter in different ways as to the truth of propositions. They determine degrees of plausibility and relative coherence between assertions and the mental model in operation.

The main function of the enunciation operators such as “I know” in a text, is:

  1. to inform the reader of the speaker's complete commitment to the truth value of the proposition, and therefore
  2. to invite him to introduce the proposal p into his field of knowledge.

The function of the operator “I believe” is to indicate the speaker's reserve towards the truth value of the proposition.

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